Happy End
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Happy End

Fr. 2017. Drame de Michael Haneke avec Isabelle Huppert, Mathieu Kassovitz, Fantine Harduin. Les tribulations des membres de trois générations d'une famille de Calais ayant fait fortune dans le bâtiment et les travaux publics. Peinture sociale féroce, reprenant les principaux thèmes et motifs chers à l'auteur. Ensemble maniéré. Réalisation froide et léchée. Interprétation de première force. (sortie en salle: 19 janvier 2018)

13 ans + 13 ans +

Genre : Drame
Durée : 107 min.
Réalisation : Michael Haneke
Scénario :
Photographie : Christian Berger
Montage : Monika Willi

Patriarche d'une famille de Calais ayant fait fortune dans le bâtiment et les travaux publics, Georges Laurent n'a qu'une idée en tête: mettre fin à ses jours afin d'aller rejoindre son épouse, morte des suites d'une longue maladie. Sa fille Anne, qui a pris sa relève à la tête de l'entreprise familiale, doit gérer une crise causée par une négligence grave de son fils Pierre, un incompétent démotivé et en colère, pourtant pressenti pour lui succéder. De son côté, le fils de George, le docteur Thomas Laurent, poursuit une correspondance virtuelle enflammée avec sa maîtresse, à l'insu de sa nouvelle épouse, qui vient de lui donner un enfant. Quand l'ex-femme du médecin meurt d'une surdose de tranquillisants à l'hôpital, leur fille Ève vient s'installer au domaine familial. Mais pour cette enfant de 12 ans, qui aime filmer les siens à leur insu avec son téléphone intelligent, la situation n'a rien de rassurant.

L’avis de Mediafilm

Cette version toute personnelle des "Bourgeois de Calais", avec à la clé une brève apparition de réfugiés de la "jungle", donne lieu à une peinture sociale certes féroce, mais peu originale ou pénétrante. Passé maître dans l'art de déstabiliser, Michael Haneke se contente ici de citer, sans réel souci de renouvellement, les thèmes et procédés stylistiques de ses films antérieurs: voyeurisme (BENNY'S VIDEO), perversion sexuelle (LA PIANISTE), longs plans fixes au sens secret (CACHÉ), conditions de vie pitoyables des étrangers (CODE INCONNU), innocence trompeuse (LE RUBAN BLANC), aide à mourir (AMOUR), etc. Idem pour la mise en scène: froide, léchée, rigoureuse, "la manière" Haneke devient ici maniérée. En revanche, les interprètes se sont totalement investis. Jean-Louis Trintignant épate dans un rôle faisant explicitement écho à celui qu'il tenait dans AMOUR et Isabelle Huppert excelle en femme de tête semblable à celles qu'elle défendait chez Chabrol. Mais la révélation du film reste la jeune Fantine Harduin, douce, calme et bouleversante dans un rôle d'une formidable ambigüité. (Texte rédigé en mai 2017, dans le cadre du Festival de Cannes - Selection officielle - Compétition)

Texte : Louis-Paul Rioux

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