Laurence Anyways
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Laurence Anyways

Can. 2012. Drame sentimental de Xavier Dolan avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye. Un enseignant trentenaire bouleverse sa compagne et les membres de sa famille lorsqu'il leur révèle qu'il est en vérité une femme dans le corps d'un homme. Thème délicat traité avec aplomb. Récit étiré, d'une vérité psychologique pas toujours probante. Réalisation fignolée mais plutôt poseuse. M. Poupaud très investi dans son rôle. (sortie en salle: 18 mai 2012)

Général Général

Genre : Drame sentimental
Durée : 165 min.
Réalisation : Xavier Dolan
Scénario :
Photographie : Yves Bélanger
Musique : Noia
Montage : Xavier Dolan

Montréal, 1989. Laurence, professeur de littérature dans un cégep, vit depuis deux ans avec Fred, une assistante-réalisatrice frivole. Leur bonheur craque lorsque le trentenaire, poète à ses heures, lui annonce qu'il est en vérité une femme enfermée dans le corps d'un homme. Se sentant trahie, Fred réagit violemment. Une fois la crise passée toutefois, et contre l'avis de sa mère et de sa soeur, la jeune femme décide de rester auprès de son amoureux et de l'aider à s'épanouir au gré de sa transformation. Mais la vie au quotidien n'est pas de tout repos pour le couple atypique, qui s'use à grande vitesse. La rupture survient au moment où Laurence est mis à la porte de son institution d'enseignement, et que Fred sombre dans la dépression. Tandis que le premier, en mal de l'amour de sa mère, est sauvé par un quintette d'excentriques, la seconde fonde une famille avec un homme d'affaires follement amoureux d'elle. Alors que les années passent, Laurence continue d'espérer le retour de Fred.

L’avis de Mediafilm

Le réalisateur de J'AI TUÉ MA MÈRE traite avec aplomb de la transsexualité, sans doute un des derniers grands tabous de notre société. Avec insistance certes, mais de manière indéniablement efficace, Xavier Dolan illustre le lourd poids des regards posés sur les individus qui font le choix difficile - mais irrépressible - d'être pleinement eux-mêmes. Le problème, c'est que l'auteur évoque cette touchante démarche personnelle et sentimentale à travers un récit étiré, d'une vérité psychologique pas toujours probante, et peuplé de personnages secondaires qui s'avèrent souvent accessoires ou mal dessinés, voire caricaturaux. Hormis quelques jolies trouvailles visuelles, la mise en scène de Dolan se révèle poseuse, la combinaison chanson et images au ralenti, qui faisait le charme du précédent LES AMOURS IMAGINAIRES, étant ici utilisée de manière intempestive et tonitruante, échouant du coup à susciter l'émotion. Face à un Melvil Poupaud très investi, Suzanne Clément offre une performance plutôt inégale. Elle se fait d'ailleurs voler la vedette par Nathalie Baye, bouleversante dans le rôle de la mère du protagoniste.

Texte : Louis-Paul Rioux

Revue de presse

Dolan sans retenue

(...) LAURENCE ANYWAYS se distingue par ses excès. Dolan y affiche un sens assassin de la réplique et assume parfaitement son penchant vers le mélodrame. (...) Melvil Poupaud et Suzanne Clément se révèlent très justes, malgré le caractère outrancier de l'univers dans lequel ils évoluent.

La Nouvelle Ève

Directeur d’acteurs - d’actrices! - hors pair, Xavier Dolan sait aussi créer des tableaux d’une époustouflante beauté. (...) S’il privilégie encore les ralentis, Dolan signe aussi des scènes d’une énergie fulgurante. On pourra l’accuser à certains endroits d’être par trop esthétisant.

Xavier Dolan's Filmmaking Dazzles

And then there’s (...) Melvil Poupaud in the title role. It’s quite simply a magnificent bit of acting - in a lesser actor’s hands, this could so easily degenerate into cheap melodrama, but Poupaud resists the temptation to overplay the emotions here and the result is so moving.

Sublime et émouvant

Au risque de verser parfois dans la démesure (ce qu’il n’évite pas), [Dolan] ne se gêne pas pour multiplier les scènes oniriques, transgresser les styles, filmer ses acteurs de dos et sous des angles insolites (...). LAURENCE ANYWAYS, c’est du cinéma, du vrai.

Homme à femme

(...) si le film est si éblouissant, c’est que, tandis que la forme se fait folle, la fiction gender s’y dédouble en un autre récit qui lui confère sa tonitruante ampleur, une fresque passionnelle qui englobe à la trajectoire de Laurence celle de Stephanie (la révélation Suzanne Clément).

Fully Immodest and Intermittently Astonishing

(...) the filmmaker himself co-designed the vivid period costumes, which include the title character's splendiferous array of scarves, shades, blouses, coats and pantsuits (...). Tech credits, including Yves Belanger's sharp celluloid shooting, are impeccably flamboyant.

Laurence Why?

Nous sommes visiblement en présence d'un film trop ambitieux pour les capacités de son cinéaste à ce stade. (...) le scénario ne possède ni la profondeur ni la complexité exigeant un traitement extravagant. Ses enjeux auraient pu être exposés et résolus par (...) moins de personnages, en (...) moins de temps.

Quête identitaire

Campé au beau milieu des années 90, ce film-fleuve qui se déroule sur une période de 10 ans possède une facture visuelle impressionnante (...). La trame sonore est judicieuse (...) et les couleurs sont tout à fait sublimes. (...) Melvil Poupaud est crédible, posé et attachant.

A Ride of Love, Lust and Fluid Sexuality

LAURENCE ANYWAYS is Dolan’s most emotionally weighty film so far, but sometimes his tender years still betray him. His characters may be nudging middle age, but they apparently share their creator’s adolescent passions for literature, music [and] flowery self-expression.

Une Femme en cache une autre

Aux préoccupations d'ordre mécanique ou cosmétique, Dolan fait le pari, brillamment relevé, d'une mutation feutrée, en douceur, qui se frotte néanmoins aux préjugés (...). Dans le rôle-titre, Melvil Poupaud offre une performance hybride audacieuse.

Trouver et assumer sa sexualité

(...) c'est à l'examen attentif de ce coming out personnel, de ses conséquences tant au niveau familial (...), professionnel (...) et bien sûr conjugal que s'attache ce film tout à la fois baroque et débridé.

X/Y

[La] performance [de Poupaud] en Laurence est admirable: il garde cette innocence qu'il a toujours eue, et qui s'ébroue dans le giron du cinéma de Dolan, avec cette part de jeu, de complicité (...). Et en même temps, il y a le rendez-vous de l'âge, la maturité, la gravité.

Ecce Homo

Ce film épique, entier, est (...) à prendre ou à laisser. Extrêmement innovateur et audacieux dans notre paysage cinémato- graphique, il agit en porte-étendard de l'identité artistique d'un réalisateur qui ne se limite pas à son personnage de créateur hautain à la mèche rebelle.

Personne n'est parfait

Dolan, poursuivant sa peinture des relations familiales, manœuvre ici plusieurs fêtes et réunions, toutes sortes de duos, les liens des fratries et les confusions œdipiennes (...). Toute la distribution se montre à la hauteur.

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