Poulet aux prunes
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Poulet aux prunes

Fr. 2011. Comédie dramatique de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud avec Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Édouard Baer. En 1958, un violoniste iranien, dont l'instrument a été détruit, se laisse mourir dans son lit, où il se remémore sa vie marquée par un mariage malheureux et un amour impossible. Adaptation éclatée et imaginative d'une bande dessinée de M. Satrapi. Traitement fantaisiste en décalage délibéré avec la gravité du propos. Dénouement bouleversant. Interprètes sensibles. (sortie en salle: 8 juin 2012)

Général Général

Genre : Comédie dramatique
Durée : 91 min.
Réalisation : Marjane Satrapi
Vincent Paronnaud
Scénario :
Photographie : Christophe Beaucarne
Musique : Olivier Bernet
Montage : Stéphane Roche

Téhéran, 1958. Son précieux violon ayant été détruit, Nasser Ali Khan, l'un des plus illustres musiciens de son époque, perd le goût de jouer et renonce à la vie. Après avoir envisagé diverses façons de se suicider, il décide plutôt de se laisser mourir dans son lit. Durant les huit prochains jours, l'artiste refuse toute nourriture et se remémore les différentes étapes de sa vie: son mariage malheureux, imposé par sa mère, avec une professeure de mathématiques qui l'aimait secrètement depuis l'enfance; ses rapports tendus avec son frère cadet, militant communiste dont les séjours répétés en prison ont failli ruiner leur famille; et surtout, son amour impossible avec la belle Irâne, fille d'un horloger rencontrée à l'époque de ses études en musique. Dans son délire, Nasser Ali se voit converser avec Azraël, l'ange de la mort, et imagine la vie future de son gamin indiscipliné et de sa fillette sage.

L’avis de Mediafilm

Après PERSEPOLIS, film d'animation autobiographique en noir et blanc, Marjane Satrapi refait équipe avec Vincent Paronnaud pour une nouvelle adaptation d'une de ses bandes dessinées, celle-là inspirée de la vie de son grand-oncle et tournée en couleur avec des acteurs réels. Cela dit, les maquettes et décors en trompe-l'oeil servant à illustrer les nombreuses envolées fantaisistes, ou poétiques, ancrent également POULET AUX PRUNES dans l'univers de la BD. Une impression renforcée par un bref segment animé, dans lequel on retrouve avec bonheur l'humour visuel et la ligne claire chers à Satrapi. Un traitement éclaté, imaginatif donc, qui va de pair avec un ton moqueur, ironique, sec, en décalage délibéré avec la gravité du propos. Ce qui n'empêche pas les auteurs de conclure sur une note mélodramatique bouleversante ce récit d'une vie gâchée, dont le seul héritage sera une oeuvre musicale sublime, nourrie d'un douloureux chagrin d'amour. Les talentueux interprètes défendent avec sensibilité des personnages complexes, dont les comportements souvent répréhensibles dissimulent une profonde souffrance.

Texte : Louis-Paul Rioux

Revue de presse

Chronique d’une mort annoncée

D’un mysticisme envoûtant, d’un humour noir décapant, [le film] souffre d’un rythme laborieux que parviennent à faire oublier la présence lumineuse des Isabella Rossellini [et] Chiara Mastroianni (...), et le jeu décalé d’Édouard Baer.

Un Vrai Régal

Ce mélo passionnant, assumé tel quel par le tandem Satrapi-Paronnaud, se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. Tragique par moments, teinté d'humour et d'exotisme oriental, ce POULET AUX PRUNES est absolument délicieux.

La Révolution Satrapi

Si la première demi-heure n'évite pas toujours les surenchères visuelles et la fantaisie un rien volontariste, la fiction trouve ensuite son rythme et entraîne dans ses délires surréalistes, son humour noir et, surtout, son émotion.

Mélo déviant

(...) tourné aux studios Babelsberg (...), POULET AUX PRUNES fuit le noir et blanc minimal. Il surjoue au contraire le carton- pâte et le réalisme des années 30-50, toujours à la limite (troublante) du premier et du second degré.

Un Film audacieux

L'audace du film est d'associer chacune de ces journées à un genre cinématographique différent, avec son esthétique propre. (...) Satrapi et Paronnaud osent beaucoup, réussissent sou­vent, se plantent parfois.

Humour et romance

À force de digresser, [le film] se perd dans des impasses inutiles (...). Le tandem Satrapi-Paronnaud garde néanmoins le savoir-faire qui faisait le charme de PERSÉPOLIS, à travers un humour mordant et une belle romance.

Du réalisme poétique

Tout en couleurs et en effets de mise en scène, le nouvel opus satrapien est «déconstruit» de telle sorte que la vie de Nasser Ali est montrée sous la forme d'un conte mélancolique un peu décalé.

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