Habemus Papam: Nous avons un pape
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Habemus Papam: Nous avons un pape (Habemus Papam)

It. 2011. Comédie dramatique de Nanni Moretti avec Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr. Un cardinal nouvellement élu pape est victime d'une terrible crise de doute qui force le prolongement du conclave et l'appel en renforts d'un psychanalyste romain. Réflexion inspirée sur le rôle de l'Église catholique et le monde contemporain. Récit d'une puissance inconstante. Mise en scène de métier. Montage cassant. Magistral M. Piccoli. (sortie en salle: 4 mai 2012)

Général Général

Genre : Comédie dramatique
Durée : 102 min.
Réalisation : Nanni Moretti
Scénario :
Photographie : Alessandro Pesci
Musique : Franco Piersanti
Montage : Esmeralda Calabria

Élu pape, à sa plus grande surprise, le cardinal Melville s'apprête à être présenté aux fidèles du monde entier lorsqu'une crise de doute terrible s'empare de lui, forçant le prolongement du conclave. Le médecin aussitôt désigné par les autorités du Vatican pour l'examiner ne lui ayant rien trouvé d'anormal, on fait appel à un psychanalyste romain de grande renommée, qui invite le nouveau souverain pontife à remonter à la source potentielle de sa dépression subite: son enfance. Tandis que les cardinaux trépignent d'impatience dans l'espoir que sa crise se résorbe et que Melville assume la mission divine qui lui a été confiée, ce dernier profite d'une sortie dans Rome pour semer sa garde rapprochée et se fondre dans la foule. Forcé par les lois du conclave à demeurer au Vatican afin de protéger l'identité du pape, le psychanalyste n'a d'autre choix que de tuer les heures en compagnie des cardinaux.

L’avis de Mediafilm

L'Italien Nanni Moretti (LA CHAMBRE DU FILS, LE CAÏMAN) scrute le fossé qui sépare la gérontocratie vaticane et le monde moderne avec lequel elle aurait selon lui perdu contact dans cette comédie spirituelle, dégageant une tendresse à la fois rieuse et respectueuse qui rappelle LA MESSE EST FINIE. Passé un prologue fascinant, sorte de tableau grouillant où le cinéaste laisse très lentement émerger la figure de Michel Piccoli - dans une composition magistrale -, le récit se divise en deux chemins parallèles un peu décalés l'un par rapport à l'autre: celui un brin surréaliste dans lequel le nouveau souverain pontife savoure sa liberté incognito hors des murs, et l'autre, plus prosaïque et moins fort au plan dramatique, exploitant l'absurdité de la situation par laquelle le psychanalyste agnostique (joué par un Moretti égal à lui-même) s'est retrouvé prisonnier du palais du Vatican. La mise en scène de métier, expressive sans être ostentatoire, maximise avec intelligence l'impact des situations et des décors. À l'inverse, le montage un peu cassant rompt parfois le charme.

Texte : Martin Bilodeau

Revue de presse

Brillant

Nanni Moretti signe l'un de ses plus beaux films, une œuvre drôle et profonde, d'une grande intelligence. (...) HABEMUS PAPAM n'est jamais où on l'attend, mais il tient le parfait équilibre entre la comédie (...) et la mélancolie incarnée par Piccoli, bouleversant de vulnérabilité.

Crise de foi

Moretti est un moraliste. Sous le couvert de l'ironie - toujours mordante chez l'Italien -, il s'interroge, questionne, dérange, déroute, subvertit. (...) Avec HABEMUS PAPAM, Moretti n'a jamais plané à des sphères si élevées.

Pontificat de conscience

La mise en scène, organisée comme celle d’un ballet, imprime quelque chose d’aérien, aussi bien dans les scènes tournées en studio (...) que dans les plans magnifiques de Piccoli, visage collé à la vitre d’un bus roulant dans Rome la nuit.

Tender, Funny and Romp Entertains

Still the screenplay (...) is full of inventive moments that show [Moretti] is one of the most creative filmmakers (...) in Italy. (...) What makes the film memorable (...) are the characters, particularly Piccoli’s wrenching portrait of the frail old Cardinal.

Être pape?

Il est tentant (...) d'y lire l'autoportrait à peine déguisé du cinéaste, sorte de conscience morale en Italie, pape d'une certaine contestation, citoyenne comme artistique (...). Mais on aime aussi y voir un hommage à Piccoli, au firmament d'une carrière magistrale.

La Crise de foi de Nanni Moretti

HABEMUS PAPAM raconte un homme qui se cherche et le film lui-même se cherche. Il faut reconnaître à Moretti d'assumer ces errements-là. Tout autre cinéaste aurait foutu son film en l'air. Moretti, habile jongleur et adepte du salto, est juste en équilibre. Tout juste.

Le Cri

(...) le cinéaste semble vouloir montrer la petitesse (...) de ces hommes ayant sacrifié leur existence à Dieu. Bouleversant, (...) Piccoli livre le coup de grâce dans une scène où l’infaillibilité du pape et le rôle de l’Église catholique sont sérieusement remis en question (...). Amen!

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