Cheval de Turin, Le
1 7 2
2

Le Cheval de Turin (A Torinoi Lo)


vendredi 5 décembre à 21h00 | TFO


Hongr. 2011. Drame de Béla Tarr avec Janos Derzsi, Erika Bok, Mihaly Kormos. Le destin d'un vieux cocher et de sa fille se détraque après que l'écrivain Friedrich Nietzsche se fut porté à la défense de leur vieux cheval. Oeuvre solennelle impénétrable mais d'une grande beauté. Récit patient et minimaliste inspiré de Nietzsche. Caméra attentive. Compositions saisissantes. Interprétation naturelle. (sortie en salle: 8 juin 2012)

Bookmark and Share

Genre : Drame
Durée : 146 min.
Réalisation : Béla Tarr
Scénario :
Photographie : Fred Kelemen
Musique : Mihaly Vig
Montage : Agnes Hranitzky
Pays : Hongrie
France
Suisse
Suisse
Allemagne
Distributeur : Funfilm Distribution
Interprètes : Janos Derzsi
Erika Bok
Mihaly Kormos

Dans une plaine avoisinant Turin, un vieux cocher au bras droit paralysé et sa fille vivent en retrait du monde, sur une ferme délabrée. Leur survivance, ponctuée par des gestes modestes exécutés dans le silence, s'accorde à celui de leur vieux cheval épuisé, dont Friedrich Nietzsche avait pris la défense, quelques jours plus tôt en ville, voyant que son maître le battait. Depuis cet incident, l'ordre naturel des choses semble s'être détraqué. Un grand vent de tempête s'est levé et souffle sur la plaine. Dans l'écurie, le cheval refuse de bouger, puis de s'alimenter. Lorsque le puits s'assèche, père et fille tentent de quitter la ferme, mais une menace invisible les force à rebrousser chemin. La prophétie du voisin, qui leur avait rendu visite quelques jours plus tôt, semble vouloir se réaliser: "Le jour sera remplacé par la nuit, puis la nuit prendra fin".

L’avis de Mediafilm

Partant d'une anecdote historique voilée de mystère, le Hongrois Béla Tarr (L'HOMME DE LONDRES) a composé une oeuvre solennelle et cryptique, d'une grande beauté, portée par le vent, le silence et la cueillette patiente, par sa caméra attentive, des rituels du quotidien. La composition picturale, la force de la musique qui intervient telle une fatalité, le climat de désespoir grandissant qui fait remonter à la mémoire le cinéma de Robert Bresson et la nouvelle "Les Oiseaux" de Daphné Du Maurier, font de CHEVAL DE TURIN un film d'exception. D'autant plus que dans la foulée de sa première mondiale à Berlin, le cinéaste a annoncé qu'il renonçait au cinéma, nous forçant ainsi à voir dans son film le testament d'un créateur misanthrope arrivé au bout de sa démarche. Que cela soit vrai ou non, cette lente méditation nietzschéenne sur la place modeste de l'homme dans l'étau formé de la terre et du ciel inspire et émeut. L'ensemble est fortifié par le jeu naturel des deux principaux interprètes.

Texte : Martin Bilodeau

Revue de presse

Magistral Final pour Béla Tarr

La folie terrifiante du CHEVAL DE TURIN tient au fait que l'auteur y pousse sa logique jusqu'à un point de non-retour, radicalisant une démarche artistique qui passait pour le parangon de la radicalité cinématographique.

Le Mors dans l’âme

Avec son jusqu’au-boutisme esthétique (ampleur virtuose des plans filmés à la steadycam) (...), le film contient sa propre parodie. (...) Mais [il] dialogue aussi (...) avec le prophétisme apocalyptique du Cormac McCarthy de la Route.

Fascinant et radical

Peu de paroles, des gestes du quotidien. Répétés inlassablement durant six jours. (...) Cela pourrait être ennuyeux s'il n'y avait à chaque fois un détail différent. Chaque jour, des signes avant-coureurs d'un événement indéchiffrable.

The Magyar Master's Last Film

Bela Tarr takes his followers back to (...) the dull monotony of rural peasant life, repeated in a series of slow, uneventful and characteristically color-bereft long takes before the big fade to black in THE TURIN HORSE.

C'est beau, mais c'est long

Noir et blanc (magnifique), longs plans-séquences (admirables), péripéties réduites au minimum (...) pour une oeuvre contemplative et peu aimable, mais qui fascine à force de rudesse et de partis pris assumés.

Fort, présomptueux, magistral

(...) [Béla Tarr] nous lègue une oeuvre d'une rare cohérence - dont chaque photogramme semble frappé de son sceau -, ponctuée d'un geste d'une élégance folle.

Une Traversée silencieuse de l'apocalypse

Peu à peu, on comprend que c'est la fin du monde et que Béla Tarr n'espère plus rien, sinon nous hypnotiser avec son obsédante mélancolie. Magistral.

Commentaires

L'info-lettre de Mediafilm

Pour être tenus informés des sorties de films, toutes plateformes confondues, rien de mieux que l'info-lettre de Mediafilm. Abonnez-vous. C'est gratuit!

Le film de la semaine
Cote Mediafilm () Whiplash Whiplash
Mediafilm

É.-U. 2013. Drame musical de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons, Melissa Benoist. Classement: 13 ans + (langage vulgaire).


Un aspirant batteur tente de faire ses preuves auprès du chef de l'orchestre de jazz d'une prestigieuse école de musique, un individu manipulateur qui recourt à la violence et à la cruauté mentale pour obtenir de ses étudiants des performances parfaites.

Vous avez besoin de IE 8+ pour visualiser cette page!