Moonlight - L'histoire d'une vie
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Moonlight - L'histoire d'une vie (Moonlight)

É.-U. 2016. Drame de moeurs de Barry Jenkins avec Alex Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes. De l'enfance à l'âge adulte, les tribulations du fils d'une célibataire toxicomane de Miami, dont le destin a dévié à l'adolescence à la suite d'un amour trahi. Réflexion éloquente sur la construction sociale des individus. Thème porteur traité avec doigté. Traitement d'une rigueur subtile. Caméra fluide. Distribution impeccable. (sortie en salle: 11 novembre 2016)

13 ans + 13 ans +

Genre : Drame de moeurs
Durée : 111 min.
Réalisation : Barry Jenkins
Scénario :
Photographie : James Laxton
Musique : Nicholas Britell
Montage : Joi McMillon
Nat Sanders

Négligé par sa mère célibataire, un gamin de huit ans est pris en affection par le dealer de son quartier de Miami. Rendu à l'adolescence, le garçon timide tente de s'affranchir de l'emprise des matamores de son école. Mais un amour trahi fait dévier son destin.

L’avis de Mediafilm

Les individus sont-ils le produit de leur environnement? C'est la question complexe posée par cet excellent film de Barry Jenkins (MEDICINE FOR MELANCHOLY), librement inspiré de la pièce "In Moonlight Black Boys Look Blue" de Tarell Alvin McRaney. Au centre du tableau, un thème rarement abordé: la masculinité afro-américaine, ici illustrée à travers l'expérience d'un spécimen émouvant, écartelé entre ce qu'il est réellement et le rôle que la société lui réserve. Exception faite de quelques effets de style, le film se distingue par la rigueur subtile de sa mise en scène, fluide et curieuse, sans jamais être intrusive. Signalons également la simplicité de sa structure en trois temps, tels les mouvements d'une sonate, et l'immense richesse psychologique du héros de peu de mots. S'ils sont assez dissemblables physiquement, les trois acteurs qui l'interprètent ont en commun des inflexions et une vulnérabilité touchantes, qui nous font immédiatement oublier la convention. Des trois temps du film, le dernier reste le plus puissant, sans doute parce qu'il fait sobrement, et avec honnêteté, la somme des deux premiers.

Texte : Martin Bilodeau

Revue de presse

Remarquable à tous points de vue

Barry Jenkins propose ce que les Américains appellent un "coming of age movie", hors du commun. MOONLIGHT se démarque en effet grâce à son habile construction dramatique, tout autant que par ses qualités cinématographiques.

Critique

Le parti pris visuel et narratif est audacieux, mais pas toujours abouti. C'est probablement une question de dosage : la mise en scène est un peu trop poseuse quand le cinéaste chronique l'enfance et l'adolescence du héros... et un peu trop posée quand il évoque sa métamorphose à l'âge adulte.

Éclairs de lutte

Le magnifique film de Barry Jenkins suit le parcours d'un jeune Noir homosexuel issu d'un quartier pauvre de Miami, depuis son enfance jusqu'à l'âge adulte. Une quête d'identité traversée par le rejet et l'insulte qu'illumine une approche pleine d'élégance et d'empathie.

Critique du film

Trevante Rhodes mérite une mention spéciale pour la complexité du personnage auquel il donne vie en dernier acte. Il arrive à convier dix années d’expériences qui l’ont mené où il est sans oublier l’enfant et l’adolescent confus qu’il n’a jamais vraiment laissés derrière.

Telluride Review

An indelible portrait of an imperilled life, MOONLIGHT is quietly devastating in its depiction of masculinity, race, poverty and identity.

Telluride Review

While the fundamental nature of that central question [Who Am I? ndlr] gives this exquisite character study universality, the film also brings infinite nuance and laser-like specificity to its portrait of African-American gay male experience, which resonates powerfully in the era of Black Lives Matter.

Commentaires

19 mars 2017, 14:46:41

MOONLIGHT deviendra sans doute un film emblématique. Divisé en trois actes, le scénario traite de choses connus avec empathie et sans complaisance. Doté d'un petit budget (même si Brad Pitt est l'un des producteurs exécutifs!) le réalisateur Barry Jenkins livre dans les circonstances, une mise en scène qui réussit à se renouveler d'acte en acte. L'intensité croit dans la deuxième partie (ma préféré), pour ensuite se calmer dans le troisième acte, avec un Chiron plus expérimenté et transformé physiquement, mais tout aussi vulnérable. Les acteurs sont sans reproche.

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J'attribue à ce film la Cote 3

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